Abdoulaye Sanogo

Abdoulaye Sanogo, le joueur d’origine malienne, est un des plus jeunes dans le cadre professionnel de la KAS Eupen. Après avoir fréquenté pendant 5 ans l’antenne sénégalaise de l’Aspire Academy à Dakar, il a rallié le Kehrweg en janvier 2015. Jusqu’à présent, il est monté à 11 reprises sur la pelouse à l’occasion de matches officiels, au cours desquels il a fait étalage de ses qualités de médian offensif. À l’instar de ses coéquipiers, le jeune malien s’efforce de mériter une place dans le onze de base: « Je dois travailler intensément chaque jour à l’entraînement pour mériter une sélection en équipe fanion, mais je suis confiant qu’un jour j’y parviendrai », déclarait  Abdoulaye Sanogo dans l’interview qu’il a accordée à l’équipe rédactionnelle de l’AS Journal.

Vous êtes originaire du Mali en Afrique Centrale; dans quel environnement avez-vous vécu votre jeunesse?

Je suis né à Sikasso, la seconde ville du Mali, dans une famille dédiée au football. Mon père était un joueur professionnel qui a évolué dans de grands clubs en Côte d’Ivoire et au Mali et mes trois grands frères ont également joué dans des clubs de D1 au Mali. J’ai encore deux sœurs plus âgées que moi. Je suis le plus jeune d’une famille de six enfants.

Pouvez-vous nous retracer votre cheminement de jeune joueur?

J’ai grandi dans un monde imprégné de football. À l’âge de 13 ans, j’ai participé à une épreuve de sélection de l’Aspire Academy dans ma ville natale. J’y ai été repéré par les scouts de l’Aspire Academy qui m’ont dit que j’avais le potentiel pour décrocher une place à l’Aspire Academy de Dakar. S’ensuivirent encore un test de sélection au niveau national et le séjour de sélection au niveau international à Doha. J’ai réussi ces épreuves et décroché une invitation à l’académie. Ma famille était bien évidemment très fière de mes résultats. C’était pour nous tous un rêve qui devenait une réalité tangible.

À l’issue de votre formation, vous faisiez partie des joueurs qui au début de 2015 ont signé un contrat de joueur professionnel à la KAS Eupen. Vous êtes-vous déjà acclimaté à votre nouvel environnement? 

Cela se passe très bien. Le passage du Mali vers la Belgique était un petit bouleversement pour moi. Je n’étais pas habitué à l’hiver, mais finalement je n’ai pas rencontré de gros problèmes. Je connaissais déjà beaucoup de joueurs de notre temps commun à l’académie et je cohabite dans un appartement au centre-ville avec Alma Wakili. J’entretiens de bonnes relations avec les autres joueurs du club et j’ai déjà fait la connaissance de quelques habitants d’Eupen. Ils sont sympathiques avec moi, ce qui fait que je me sens bien accueilli ici.  Je communique encore presque quotidiennement via Skype et internet avec ma famille au Mali.

Ibrahim Diallo est également un joueur d’origine malienne qui a quitté la KAS Eupen à 18 ans à la fin du mois de janvier pour rallier le club espagnol du FC Valencia. Est-il un exemple pour vous?

Dans tous les cas. J’ai suivi pratiquement toute ma formation avec Ibrahim. Il est un modèle pour moi parce qu’il a atteint à mon âge un niveau supérieur au mien. Nous provenons tous les deux de Sikasso et nous avons parcouru ensemble toutes les années à l’Aspire Academy. Il évolue actuellement au FC Valencia et il possède le potentiel pour y intégrer le noyau de l’équipe première. Je m’en réjouis pour lui. J’ai encore régulièrement des contacts avec lui; c’est un vrai pote et nous savons tout l’un de l’autre.

Depuis le début de l’année, vous êtes monté 11 fois sur la pelouse à l’occasion de rencontres officielles et les supporters ont eu la possibilité d’apprécier vos qualités de médian offensif. Quels sont vos points forts et à quelle position vous sentez-vous le plus à l’aise? 

Je me sens le mieux sur la position du n°10, de celui qui doit distribuer les ballons vers l’avant. J’ai été formé à cette position tout au long de ma période d’apprentissage. Ce n’est donc pas une surprise si Lionel Messi est mon joueur préféré. Dans mon autocritique positive, je citerai comme qualités personnelles ma technique, ma bonne lecture du jeu, mon sens du but, mon maniement du ballon et ma faculté de tirer des deux pieds.

Que devez-vous encore améliorer?

Nous, les jeunes joueurs, nous nous améliorons constamment au contact des joueurs expérimentés du cadre en général et de Luis Garcia en particulier qui nous prodigue de bons conseils. En ce qui me concerne, je vois encore une marge de progression dans divers domaines, tels que le travail défensif lorsque l’adversaire est en possession du ballon; ici je dois visiblement encore améliorer ma vitesse de reconversion sans ballon pour couper les trajets de l’adversaire. L’entraîneur me le répète régulièrement parce que le n° 10 moderne doit maintenant effectuer son lot de travail défensif. Le seul n° 10 qui soit exempté de cette mission est Lionel Messi, mais en contrepartie, il apporte bien d’autres qualités.

Vous figurez régulièrement sur la feuille de match, mais jusqu’à présent, vous n’avez pas encore été désigné dans le onze de base. Est-ce une déception pour vous?

Il est indéniable que j’aimerais débuter un match, mais c’est le vœu le plus cher d’un chacun de nous. Tous nous voulons montrer notre savoir-faire au public et j’y travaille d’arrache-pied. Mais il faut prendre les choses avec philosophie. Je sais que je dois encore m’améliorer et me recommander auprès de l’entraîneur par de bonnes performances à l’entraînement. C’est le grand défi, car aucune séance d’entraînement ne peut remplacer l’expérience d’un match de compétition. Je suis confiant et je pense que l’entraîneur me donnera d’ici peu une telle opportunité. Je dois être patient parce que la saison ne fait que commencer et que nous disputerons encore de nombreuses rencontres.

La concurrence interne est grande et la lutte pour une place de titulaire s’avère relativement âpre. Est-ce que cela ne vous obsède pas à la longue? 

C’est la dure loi du foot et de la vie. C’est une lutte permanente et le prix du succès.

Quel est votre objectif professionnel et de quel club rêvez-vous? 

J’ambitionne de devenir un grand joueur de foot. Je rêve qu’un jour je puisse participer à la Ligue des Champions, peu importe les couleurs du club. J’aimerais également un jour lacer mes chaussures pour une rencontre représentative de mon pays et qui sait de participer un jour à une Coupe du Monde.

La dernière rencontre de championnat s’est soldée par une défaite (1:4) face au Lierse. Comment les joueurs et le staff technique ont-ils réagi à cette faillite collective? 

Nous étions tous très déçus et l’entraîneur était irrité. C’est normal après une telle déconvenue. Nous avons ensuite tiré les enseignements de cette défaite en analysant nos erreurs, afin de ne plus tomber dans les mêmes travers. Nous ne gagnerons évidemment pas tous les prochains matches, mais une défaite comme celle face au Lierse doit nous inciter à nous corriger pour ne pas perdre notre objectif de vue. Au bout de deux séances d’entraînement et avec l’aide de l’entraîneur et des joueurs plus anciens, nous avons évacué ce revers pour nous concentrer sur le prochain match contre le White Star Bruxelles. Nous devrons y retrouver la confiance en nos moyens pour remporter la victoire pour nous, pour tout le club et pour tous nos supporters.